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Et un début 2017 plutôt cool.

Mon aventure anglaise s’étant terminée début avril (Pourquoi ? Plein de raisons. Et j’ai eu raison ? Non.), il y a une véritable cassure dans ma vie et il est maintenant facile de faire une sorte de bilan. J’en ferai un bientôt. Il y aura bien un avant Londres et un après Londres. Mais aussi, un avant Charlotte et un après Charlotte. Elle, c’était ma petite amie là-bas. Je l’ai déjà mentionnée dans un article. Eh bien, je n’en serais clairement pas là sans elle.

Nombre de personnes croisées dans le milieu des complexé.e.s du genre ont un souci dans leur couple : soit leur compagne ne tolère pas, soit elle ne sait pas. Je n’étais pas trop à plaindre lorsque j’étais avec mon ex-femme, puisque même si elle ne m’encourageait pas elle me tolérait volontiers. Et puis je suis tombé sur une fille très fan de l’univers Drag Queen, qui connait par coeur les noms des participants des innombrables saisons de Ru Paul’s Drag Race. Ben je peux vous assurer que ça change tout.

Le soutien. L’encouragement. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point ça m’avait toujours manqué. Je me souviens encore du soir où j’ai annoncé à Charlotte que je me fringuais régulièrement en fille. Même si c’est quelque chose dont je n’ai pas honte, on ne peut jamais prévoir les réactions des gens donc ce n’est pas évident à avouer. Et effectivement, je n’avais pas prévu qu’elle jubilerait. Un copain qui met des robes et des talons, et à qui emprunter du maquillage ? Elle n’avait jamais osé en rêver.

Elle m’a donc poussé, à partir de l’été 2016 ça a vraiment porté ses fruits début 2017. Poussé à m’améliorer, à m’accepter (ce qui a d’ailleurs très bien fonctionné, le prochain article sera là-dessus). Et même si elle ne m’a jamais lancé de défis idiots, je sentais que je serais un meilleur petit-ami si j’allais encore plus loin et que je l’impressionnais avec mon courage. C’est ainsi qu’en février, lorsqu’elle a lancé en l’air l’idée que je sorte en nana avec mes vrais cheveux, dans un coin discret un soir, j’ai proposé qu’on aille carrément au cinéma. Et c’est ce qu’on a fait.

Bon par contre, c’était pas mon meilleur look : maquillage discret, fringues pas provocantes, pas de talons, je me sentais assez quelconque. Mais c’est avec la plus grande des satisfactions que j’ai constaté que personne ne m’a regardé de travers. J’ai même eu droite à un regard incrédule de l’employé du cinéma lorsque je lui ai tendu ma carte illimitée et qu’il a vu la photo, comprenant qu’il n’avait pas une fille en face de lui. Priceless.

Sous l’impulsion de Charlotte, je me suis mis à améliorer ma technique, regarder plus de tutos, renouveler mon maquillage, et me sentir mieux dans mon corps. Et dans mes cheveux.

J’ai été brièvement chez le coiffeur deux fois en 2015, et plus du tout depuis. Mes cheveux sont une espèce de masse sans forme définie qui s’étire en longueur et sut les côtés, et on ne peut pas dire qu’ils fassent ni masculin ni féminin. Du coup, en mec c’est moche et en nana c’est pas féminin. Mais bon, c’est quand même pas trop trop mal sous certains angles :

Et aussi, je me suis mis à acheter pas mal de fringues sur Boohoo.com. Une robe à £8, plus une autre à £10, plus un haut à £7 et une jupe à £8… la facture ne grimpe pas vite donc on se gave. Et sans être de la qualité, c’est quand même assez joli. Jugez vous-mêmes.

 

 

Et puis ensuite, il y a eu le retour au Pink Punters. Mais si vous savez, la boîte LGBT qui a beau être la plus réputée d’Angleterre il y a quand même 80% d’hétéros dedans. C’était un peu mon adieu à l’Angleterre. J’allais partir dans les semaines qui suivraient et je voulais faire honneur à mes cheveux. Alors j’ai quand même des extensions, mais à la base c’est bien mes cheveux tirés en arrière.

Voilà voilà. C’était tout pour les trois premiers mois de 2017. Je suis rentré en France début avril et je me suis posé à Nantes, et je n’ai rien d’intéressant à raconter jusqu’à la Pride de juin. Mais ça, ce sera pour un autre moment les enfants.

Une chouette fin 2016

Je suis incorrigible. Je suis incapable de donner des nouvelles en direct. Et pourtant, y’a eu du bon : je suis allé au McDo fringué en nana… mais sans perruque. Ce qui n’est sérieusement pas rien. Bon, il était 2h du matin et c’était pas loin de la plus grosse boîte LGBT d’Angleterre, mais quand même.

C’est ainsi que le 17 décembre dernier je suis retourné au Pink Punters, un an après ma dernière visite, et pour citer Léa Salamé, ben j’ai fait péter le décolleté. Avec cette robe c’était super difficile de planquer tout l’attirail nécessaire au rapprochement des boobs, et le rembourrage était aussi impensable. Je m’en suis pas trop mal tiré au final (un soutien gorge en silicone plat à forme bizarre, de la mousse, de l’adhésif double face), mais c’est loin d’être le déferlement de poitrine auquel on est en doit de s’attendre avec cette robe.

Par contre, mes hanches en mousse toutes neuves (fraichement découpées avec un couteau électrique, jouissif cet outil) étaient du meilleur effet. Et puis à 2h du matin, Madame qui m’accompagnait avait envie d’un McDo, soit. J’y suis allé mais j’en avais marre de la perruque. Je l’ai donc enlevée et j’y suis allé comme ça. J’ai eu une sale remarque en rentrant qui m’a fait sourire (de la part d’un client, pas du staff), et pour le reste c’est passé tout seul. C’était un gros pas, et c’était réussi. Même pas eu peur. Et pourtant, mes cheveux ne ressemblaient sérieusement à rien. Je pense juste que au bout d’un moment, le plaisir de provoquer la surprise prend le dessus sur le trac.

 

Quelques jours plus tard j’ai fait une petite session essayages à la maison. Je suis très fan de la robe de soirée bleue et de la Skater Dress noire, le reste moins. Faites pas attention à la fin…

 

D’habitude les photos de lingerie c’est ce par quoi commencent les travestis qui se découvrent. Moi je m’y mets après 10 ans.  Je fais rien comme tout le monde.

Quelques nouvelles de 2016

 

Je semble n’être actif qu’une seule fois par an. C’est à peu près ça. Et c’est à peu près la fréquence à laquelle je vérifie le Facebook d’Amandyne.

Mais ça va peut-être changer un peu.

Je suis sorti en nana en décembre 2015, et c’était tout une expérience (voir le précédent article. Flemme de mettre un lien). Sans compter Halloween 2014, c’était du coup la première vraie fois que je le faisais. Et jusqu’en septembre 2016, ben rien. L’impossibilité d’aller se faire épiler en institut pour moins de £150 a beaucoup limité Amandyne.

J’ai la chance insolente d’avoir une copine très fan de drag queens et regardant religieusement RuPaul’s Drag Race. Vous imaginez bien qu’elle a pris Amandyne comme une bénédiction. Soyez jaloux.

Donc, en août elle m’a convaincu que je devais dépoussiérer Amandyne. Déjà parce qu’elle voulait vraiment me voir en fille, et surtout parce que ça crèvait les yeux que ça me ferait du bien. Quand on voit les milliers de photos que j’ai pris… tiens, je vais d’ailleurs aller les compter.

Plus de 17.000. Rien que ça.

Bref, j’ai été convaincu de reprendre Amandyne. L’épilation faite (à la maison), j’ai pu me remettre avec plaisir au maquillage le temps d’une soirée.


Mais j’ai surtout pu tester si mes cheveux (que je laisse toujours pousser) me permettraient bientôt de me passer d’une perruque.

Alors c’est pas pour tout de suite, mais c’est sérieusement encourageant ! Jugez vous-mêmes (sur ces photos qui me montrent évidemment sous mon meilleur angle). Je pense que d’ici mars-avril je les aurai assez longs pour qu’ils ressemblent à quelque chose sans devoir passer dans un salon de coiffure.

J’avais en même temps promis à Charlotte (la copine en question) que si le temps s’y prêtait, on sortirait Amandyne en ville dans une boîte LGBT le samedi d’après. J’ai un peu dit ça en l’air, pas vraiment chaud à l’idée de l’emmener dans un endroit que je connaissais pas. Et puis en me connectant au Facebook d’Amandyne, je vois Rachel Sweet qui m’avait envoyé un message quelques jours plutôt pour me proposer d’aller au Way Out Club ce samedi. Grosse coïncidence que voici : quelqu’un que j’avais rencontré l’année dernière au Pink Punters me propose de la rejoindre à l’endroit où j’avais sorti Amandyne pour Halloween. Ce samedi. Décidément, tout est parfait.

Et ça s’est super bien passé. Charlotte était ravie de voir Amandyne. J’ai marché de la voiture jusqu’au Way Out Club, en talons, même pas mal (OK, au retour j’en pouvais plus de ces fichus talons). Au retour on avait faim, on est donc allés au McDo. Et j’ai été chercher ma bouffe tel quel. J’ai commandé à une borne, parce que faut pas exagérer, me balader en nana je fais ça étape par étape, je vais pas directement commander mon Chicken BLT (sans sauce barbecue s’il vous plait) fringué comme ça avec ma voix de mec et mon accent à la con.

Histoire de finir ce début de septembre en beauté (l’espérance de vie d’Amandyne n’est jamais bien longue, faute à la repousse des poils), j’ai pu faire une petite séance d’essyage la semaine suivante avec des robes que ma coloc ne portait plus (la coloc est au courant pour Amandyne depuis mes débuts). Elle et Charlotte se sont donc délectées de me voir essayer toute la soirée des looks assez inédits pour moi. Jugez donc.

Septembre passe, nous arrivons en octobre. Et en octobre, il y a Halloween qui arrive. Donc ce n’est pas vraiment un évènement pour Amandyne, puisque c’est censé faire peur. Ne me dites pas qu’Amandyne vous fait peur. J’ai ainsi passé le mois à glâner des idées et des bouts de costume. Et puis entre temps, j’ai eu l’occasion de sortir Amandyne à Brighton le temps d’une soirée pour aller voir un spectacle de drag queen – peut-être que le nom de Jinkx Monsoon dira quelque chose à certains d’entre vous. Préparation rapide, puis une heure et demie de route, spectable, puis retour. Je n’ai pas vraiment profité d’Amandyne puisque je n’étais pas très fier de ma tenue, mais je suis allé dans un supermarché puis une station essence et j’ai dû parler à des gens, ce qui n’est pas rien. Nouvelle étape franchie. Voici la seule photo de cette tenue :

Chaque année au boulot il y a une sorte de concours de costume pour Halloween. J’attendais donc ça avec impatience : pouvoir déambuler en talons au travail en toute impunité, c’est tentant. Et puis dites-vous bien qu’une bonne transformation impose le respect auprès des gens qui ne se doutent de rien.

Ben le moins qu’on puisse dire, c’est que le pari a été réussi. Tout le monde a été bluffé puisque personne ne s’y attendait. Je pense qu’ils n’avaient jamais vu un travesti de leur vie. Les questions du genre « Tu as fait le maquillage toi-même ? – Oui oui – Noooooooooooon pas possible », « Comment t’as fait pour la poitrine ? » et « C’est pas dur de marcher en talons ? » ont fusé toute la journée. J’ai fini troisième au concours, sur le podium donc. Et plusieurs filles ont demandé à toucher mes seins. Ca n’arrive pas tous les jours.

Le soir je suis allé rejoindre des amis dans Londres. Ils m’avaient déjà vu en Dame du Lac il y a quelques années et ont modérément surpris. J’ai eu l’occasion de faire du Dance Dance Revolution en talons, c’était pas évident. Mais les gens m’arrêtaient dans la rue pour me prendre en photo et plusieurs enfants m’ont avec un grand sourire que mon déguisement était super réussi. Et ça, ça vaut de l’or.

Et maintenant, que reste-t-il pour Amandyne en 2016 ? Eh bien, en décembre je retourne au Pink Punters comme l’année dernière. Je ferai probablement une ou deux autres sorties histoire de profiter à fond. Mais une chose est claire, je ne suis plus un travelo de placard. J’achète des robes pour sortir, et je n’ai jamais été aussi heureux d’être un travesti. Je regrette sérieusement mes dix dernières années à rester chez moi.

La résurrection d’Amandyne (et la seconde première sortie)

Halloween, ça compte pas. C’est tellement facile de sortir habillé en fille quand les gens s’attendent de toutes façons à tomber sur un zombie à chaque coin de rue.

Du coup, j’ai fait ma vraie première sortie samedi dernier. Avec une robe de soirée, un maquillage pensé pour du passing, bien loin du déguisement de vampire de l’année dernière. Quasiment deux ans sans pratiquer un maquillage « normal », j’ai quand même du faire deux essais plus tôt dans la semaine. D’ailleurs, détail rigolo, n’ayant pas encore trouvé le temps de chercher un/une esthéticienne dans la région à qui confier mon corps de dieu grec (plus Dyonisos que Appolon évidemment), j’ai fait l’épilation moi-même. A la cire. Avec des bandes froides Veet (et un peu de cire au micro-ondes). C’était pas une mince affaire, et je le recommence à personne parce que le résultat était pas parfait et j’ai rasé les quelques poils restants. Maintenant ça gratte.

En bref, une consoeur britannique, dont voici un lien vers le profil, m’a contacté pour notamment me convier à une soirée au Pink Punters, qui est ni plus ni moins que le club transgenre le plus populaire d’Angleterre (bon, c’est un club LGBT, mais pour la communauté transgenre c’est the place to be).

Le Pink Punters, ça ressemble à ça d’extérieur, chouette non ?

Bon, il faisait nuit, et y’avait des décorations de Noel, donc ça ressemblait pas du tout à ça.

Il est cependant intéressant de noter que c’était une sorte de soirée de Noel, et que 75% des présents n’étaient ni L, ni G, ni B ni non plus T (bon, c’était pas marqué sur leur front, ce sont les autres qui me l’ont dit). Parait-il que le club est de toutes façons très populaire hors population arc-en-ciel.

J’ai donc suivi Mirri, habituée des lieux, et ai été présenté à quelques consoeurs. Bon, s’il y a quelque chose qui m’a choqué, c’est que putain, j’ai beau avoir quasiment 10 ans d’expérience, je ne ressemblais pas à grand chose par rapport à toutes les consoeurs présentes. Je ne sais pas si c’est pas excès de modestie ou quoi (la modestie n’est pourtant pas mon truc), mais j’avais vraiment l’impression d’arriver dans une division de passing bien au-dessus de la mienne. Avec tout à apprendre. La lumière était assez mauvaise dans ce coin du club envahi de femmes de 1m90, je n’ai donc pris aucune photo (le fait que mon téléphone était mort quelques heures plutôt a un peu joué aussi), vous devrez donc me croire sur parole. Je n’ai pas fréquenté de lieux tels que la MDT et ne peux donc pas faire de comparaison, mais je pense que la Grande-Bretagne met la barre du passing très haut.

Bref, les soirées vous savez certainement ce que c’est, et il n’y a pas forcément grand chose à dire dessus (si ce n’est que j’ai croisé le duo Rachel Greene et Rachel Boom Boom, j’en revenais pas ! J’ai failli leur demander un autographe…). Seulement, j’ai pris la décision que j’y retournerais rapidement. L’Amandyne ressucitée sera une Amandyne de soirées entre copines.

Petite anecdote : le club étant ouvert à tous, dans la salle de repos/repoudrage (dont vous reconnaîtrez probablement les murs roses si vous allez souvent sur Flickr) rentraient toutes sortes de gens. Lorsque je prenais quelques photos, trois filles se sont approchées de moi et m’ont beaucoup complimenté. J’étais aux anges, mais pas parce que des filles me faisaient un compliment comme quoi j’étais magnifique (difficile d’y accorder du crédit, j’imagine que les cisgenres ont tendance à surencourager les transgenres en estimant qu’ils ont besoin d’encouragements). En effet, l’une d’elle arborait un décolleté tout à fait divin (elle est visible au fond sur la photo avec les miroirs, regardez bien), et j’ai pu me rincer l’oeil de près sans passer pour un pervers parce qu’elle a sûrement supposé que j’étais gay. Que demande le peuple ?

Allez, vous attendez que ça, donc voici les photos que j’ai pris. Pour cause de lumière pourrie, je n’ai pu faire que des clichés dans des miroirs quand j’avais le temps, et mon téléphone de rechange étant une merde à £30 les photos sont floues donc j’ai l’air quand même plus jolie qu’en vrai.

Un an de boucles d’oreilles, et alors ?

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Celui qui me fait remarquer que c’est pas des boucles aura droit de la boucler.

Il y a tout juste un an, je me faisais percer les oreilles suite à un article de Ni… euh, c’est Kevin maintenant (http://nina.xxy.fr/des-ptits-trous-toujours-des-ptits-trous/), bref j’avais sauté le pas et j’étais devenu un punk percé. Alors, est-ce que ça a changé ma vie, est-ce qu’on m’a reproché d’être effeminé, ai-je envie de continuer à me faire des trous partout sur le visage ? Je vais vous parler ici de mon expérience en tant que Philippe, puisque je n’ai pas sorti Amandyne depuis 18 mois maintenant (sans compter Halloween) donc je n’ai rien à dire sur les boucles d’oreilles de fille.

Alors oui, avoir les oreilles percées a changé ma vie. Et que en bien, rassurez-vous. La première fois que mes proches m’ont vu avec des boucles d’oreilles, c’était à l’occasion d’un enterrement quelques jours après. Personne ne m’a fait de remarque désobligeante (bon, c’était la personne qui m’avait élevé qu’on enterrait, donc les gens étaient plus désolés pour moi qu’autre chose), et j’ai même eu des cousins qui ont trouvé ça très cool.
Deux semaines plus tard, j’ai déménagé en Angleterre pour commencer une nouvelle vie. A partir de là, tout les gens que j’ai rencontré ne m’ont connu qu’avec des boucles d’oreilles. Et c’est très rigolo : j’ai passé 29 ans dans la norme, et tous les gens que je fréquente depuis 1 an s’imaginent que j’ai eu les oreilles percées toute ma vie.

Bon, plutôt que de vous faire lire des paragraphes chiants, je vais plutôt faire une liste des avantages et inconvénients.

Le bien :

  • Les gens se souviennent plus facilement de moi. Un mec avec les deux oreilles percées, et sans écarteur grunge, c’est très très rare même en Angleterre.
  • Ca habille. C’est le but, non ?
  • On peut jouer avec. C’est idiot mais vu que je n’ai pas de collier et plus d’alliance, ça me fait un bijou à tripoter.
  • On peut utiliser la pointe pour ouvrir le compartiment à carte SIM des téléphones récents. J’ai surpris des amis avec ça.
  • Ca peut lancer des conversations !
  • Ca donne un certain standing. Les gens ont tendance à me prendre plus au sérieux et être plus gentils, c’est le ressenti que j’en ai.

Le moins bien :

  • Si je ne les enlève pas la nuit j’ai du mal à m’endormir, elles me gênent un peu en ayant la tête sur l’oreiller.
  • Si j’oublie de les remettre le matin je me sens nu toute la journée.
  • C’est très difficile de trouver des boucles d’oreilles discrètes qui ne font pas féminin. Du coup je n’ai quasiment jamais changé de style.
  • Et c’est tout. Jamais un regard ou une remarque de travers, je vous dis !

Je n’ai au final que quatre paires. Dans l’ordre d’obtention :

  1. L’emblème Klingon dans Star Trek, trouvées dans une convention Star Trek. Elles sont malheureusement beaucoup trop grandes et ne rendent pas bien.
  2. Du coup j’ai acheté sur Etsy celles pour lesquelles je me suis fait percer les oreilles, à savoir l’emblème de Starfleet, toujours de Star Trek. Elles sont à la bonne taille mais trop brillantes. Et j’ai beau fréquenter des geeks, il n’y a que deux personnes en tout et pour tout qui m’ont fait spontanément la remarque « Hey, mais ce sont des boucles d’oreilles Starfleet ! ». Deux filles d’ailleurs. La deuxième étant une vendeuse dans un magasin de type Cash Converters. J’étais rentré acheter ma PSP Go, ben j’ai vraiment pas regretté ! (et je ne regrette pas la PSP Go)
  3. Le premier jour où j’avais oublié de mettre mes boucles le matin, je me sentais tellement à poil que j’ai été en acheter en urgence le midi chez Claire’s. J’ai donc trouvé les noires en forme de triangle, et je ne les ai plus jamais quittées parce que je n’ai plus rien trouvé de correct depuis ! Ce sont celles que je mets tous les jours depuis novembre.
  4. J’avais décidé de mettre un peu de couleur dans ma vie et adorant le turquoise, j’avais prévu de me trouver des boucles de cette couleur, mais foncées, mat, et petites. Ma copine (je ne suis plus avec mais rien à voir avec les boucles) m’a offert les boucles turquoises que vous voyez sur la photo. Elles sont tout sauf discrètes, et je n’ai rien à mettre avec. Du coup je ne les ai mises que deux fois. Mince alors.

Je ne pense pas avoir convaincu qui que ce soit de sauter le pas. Disons donc que c’est quand même super pratique quand on se travestit d’avoir les oreilles percées, ça m’avait servi pour Halloween. Et que si vous avez peur que vos proches vous fassent des remarques ou se doutent de quelque chose, ben soit j’ai eu de la chance de n’avoir strictement aucun retour négatif, soit c’est juste qu’on est en 2015 et qu’on peut désormais faire tout ce que l’on veut de son corps.

Je suis ravi d’avoir les oreilles percées, et je le dis en tant que mec. Pourtant je n’ai pas choppé la folie des piercings, loin de là, je ne pense pas que j’en ferai d’autres de sitôt. Peut-être un tatouage un jour avant de partir d’Angleterre.

Et la prochaine étape ? Ben, les cheveux. Je ne suis pas allé chez le coiffeur depuis janvier, et c’est une première dans ma vie. Je ne pense pas que les cheveux mi-longs m’iront, et j’ai pour projet de tenir 1 an avec cette putain de tignasse grandissante avant de retourner chez le coiffeur et revenir à la normale. Bientôt 7 mois déjà. J’en reparlerai au moment venu !

Première sortie !

Il en fallait une, la voilà. La toute première sortie d’Amandyne, en plus de 8 ans d’existence. Et pas n’importe où ! Près du Tower Bridge de Londres. Oui, parce que maintenant je vis à côté de Londres, pour des raisons trop chiantes à expliquer pour que je m’étale dessus ici. Je rejoins la tradition et vais donc détailler un gros article-pavé sur cette première sortie d’un travesti.

Une drôle d’idée

L’idée est venue de Nina. J’étais dans un hypermarché Asda début octobre quand, tombant sur sur le rayon Halloween, je vois des déguisements pas bien chers. Plusieurs robes assez jolies qui feraient très bien pour mes traditionnelles sessions photos. J’en mets donc une sur Facebook :

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Nina me suggère d’en faire un déguisement pour Halloween. Quelle drôle d’idée ! Moi, acheter une robe pour sortir ? Pour montrer Amandyne au monde ? C’est totalement… ben pas con en fait, me dis-je. Je peux tout à fait prendre ce genre de risques puisque je suis désormais célibataire et n’ai plus à avoir peur de faire honte à ma femme (bon, vous commencez à voir ce que je fous à Londres). La décision est prise, je ferai ma première sortie là.

Préparation

Je suis retourné chez Asda trois semaines plus tard (j’étais en France entre temps), la robe n’était plus disponible que dans des tailles trop grandes ! Un peu dégouté mais pas démotivé, j’ai fait quatre ou cinq Asda en deux jours, mais sans succès. A moins d’une semaine d’Halloween, les stocks de déguisements étaient tous épuisés. C’est en cherchant par hasard un autre costume dans une rue marchande à quelques kilomètres de chez moi que je suis tombé sur un autre Asda. Planquée dans un tas de déguisements en vrac, à droite sur la photo (au lieu d’un magnifique rayon), c’est donc totalement par hasard que j’ai trouvé ma robe, la dernière de ce modèle, de la bonne taille, et sans étiquette. Gros gros coup de moule.

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J’avais donc la robe, il ne restait qu’à trouver un bon maquillage et quelle perruque choisir. Le maquillage, je l’ai piqué là :

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Je l’ai testé trois fois avant le jour J, en faisant mieux à chaque fois. Il ne restait plus qu’à être certain de la perruque. J’en ai essayé pas mal, certaines allaient bien (la blonde et les deux dernières) et d’autres… euh, carrément trop pas. Je vous laisse vous faire un avis.

J’ai choisi la dernière, c’est elle qui allait le mieux avec la robe. Et puis j’ai toujours accordé une importance particulière à celle-là vu que c’est le modèle Mandy, donc le coeur d’Amandyne.

Allez, on y va !

Pour le lieu, j’avais du choix. Ne connaissant personne sur Londres je pouvais vraiment me rendre où je le voulais. Mais je ne me sentais pas de me pointer comme ça seul dans une soirée « normale » dans n’importe quel bar. J’ai donc cherché s’il y avait des événements impliquant des travestis simplement transgenre, et je suis tombé sur la soirée du club The Way Out, qui était le samedi 1er novembre. 200 personnes annoncées, donc assez pour se fondre dans la masse. C’était idéal, juste un peu loin de chez moi. En train ou en voiture c’était 1 heure de trajet, mais j’ai plutôt envisagé la voiture histoire de ne pas être bridé par des horaires de train contraignants.

Le jour J arrivé, j’ai mis beaucoup plus de temps que prévu à me préparer. Trois heures, rien que ça ! J’ai apporté un soin tout particulier au maquillage, encore une fois plus réussi que lors de l’essai précédent. J’ai aussi rajouté un collier fort chouette et quelques bagues (inédit pour moi), et voilà j’étais fin prêt.

En sortant de ma chambre je tombe sur une colloc qui n’a pas vraiment paru surprise et m’a juste demandé si je partais ou revenais.

Allez, en voiture ! Et c’est là que j’ai eu mon seul stress de la soirée : je suis sorti en talons (j’ai quand même emporté des ballerines), et au moment de mettre les pieds sur les pédales (non, j’étais pas encore au club transgenre) je me suis rendu compte que jamais je n’arriverais à appuyer dessus avec ces chaussures. Je me suis mis à trembler d’une façon assez inexplicable, j’ai changé de chaussures, et hop, c’était parti. Une heure de quart de route (Londres c’est grand) sur laquelle j’ai croisé un bon nombre de gens déguisés, sauf en arrivant dans le centre où il n’y avait plus personne qui semblait fêter Halloween.

The Way Out, exactement ça

Le nom du club est vraiment pas con : c’est effectivement un très bon endroit pour sortir une première fois en nana. Cependant, il n’est pas forcément facile à trouver puisqu’il se trouve dans l’arrière-salle d’un bar tout à fait respectable. Je galère donc un peu devant le bar, ne trouvant aucune indication que je suis au bon endroit, et un type qui sort du « The Minories » vient me voir, me demande ce que je cherche. Je lui réponds que je cherche The Way Out. Le type me dit qu’il sait où il se trouve mais me tchatche, me demande mon numéro, tout ça. Je lui explique que je n’ai qu’un numéro de téléphone français (je ne mens pas souvent, mais comme quoi ça m’arrive), et j’arrive à me dépatouiller. Une consœur travestie un peu plus âgée vient me voir, me demande si moi aussi je cherche The Way Out, et nous rentrons dans le bar demander notre chemin. Nous arrivons donc à The Way Out, où je me déleste de £7 (pas bien cher pour un club, parait-il) et arrive dans une atmosphère tout à fait nouvelle pour moi.

Beaucoup de monde, mais peu de gens déguisés malgré le thème Halloween. La proportion de population était à vue de nez la suivante : 20% de travestis (de tous les âges, mais tous très bien transformés), 20% de transsexuels ou femmes bio (impossible de savoir pour certaines), et 60% d’admirers venus draguer les 40% sus-cités. Mais je me suis senti comme un poisson dans l’eau : pas de stress, pas de sentiment d’infériorité vu que mon maquillage était réussi et que j’ai eu des compliments sur mon costume toute la soirée. Juste un immense respect pour beaucoup de travestis tellement bien maquillés/formés que j’étais hyper jaloux. J’ai toujours eu une petite pulsion de compétition, mais là j’étais clairement battu. Enfin je pense, car il faudrait que je voie avec un maquillage normal ce que je donne à côté d’eux, là ce n’était pas trop comparable.

Je me suis fait une amie, Ivina (Ivyna ?), travesti depuis plusieurs années, marié, plus petit que moi et avec un visage bien féminin. Il m’a énormément rappelé Eloïse Jinn (qui s’appelle maintenant Solveig), mon mentor du début d’Amandyne. Quand on discutait, j’avais vraiment l’impression qu’on était deux mecs qui causaient bricolage plutôt que deux travestis qui parlaient de maquillage, de hanches et de seins. Du coup, la soirée s’est déroulée super naturellement pour moi, même quand je suis allé danser en talons, moi qui n’avais jamais porté de talons plus de 20 minutes d’affilée ! Là j’ai tenu quatre heures. Je suis fier de moi.

Je me suis fait draguer par quatre ou cinq mecs. L’un d’eux était un peu plus lourd, revenant à la charge pas moins de deux fois après l’avoir envoyé balader gentiment, lui ayant pourtant expliqué à chaque fois que j’étais hétéro et qu’il ne devrait pas perdre son temps avec moi. Il m’a fait prendre conscience (enfin, lui et les autres) de l’horreur que subissent les filles en boîte, à se faire aborder par des lourds qui n’ont probablement qu’une idée en tête, alors que toi tu es juste là pour danser et boire avec tes amis. Je n’avais jamais vraiment réfléchi à la gêne que cela représentait, et j’ai réalisé en le vivant que ce n’était pas forcément une bonne chose d’aborder une fille qui nous plait. Désormais je réfléchirai à deux fois avant de le faire…

J’accorde une mention spéciale au type qui, après m’avoir causé un peu dans les toilettes (oui, je vais dans les toilettes des mecs), est venu me demander plus tard, et je vous la laisse en V.O. : « Excuse-me ? No offence, but I’m desperately looking for an escort… are you… ? ». Je lui ai poliment répondu que non, et ça m’a amusé. Pour une vraie fille la situation aurait été insultante, mais moi je l’ai plutôt bien pris : ça prouvait j’étais assez convaincant pour être désirable, tout en étant sexy dans une robe longue. Je ne pensais pas un jour que je serais flatté qu’on me prenne pour une pute.

Il y a eu un petit spectacle avec trois Drag Queen, sympa mais trop court. L’une des trois (Mis-Fit, qu’elle s’appelait) était vraiment canon dans une tenue à la Madonna ! Avec un très beau visage et un corps très fin, très convaincante. Elle est sortie un peu plus tard (dans une autre tenue) et a accepté que je la prenne en photo, en insistant que je sois avec elle sur la photo. Nous avons échangé quelques compliments sur nos tenues, j’étais vraiment honoré de susciter du respect de la part d’une Drag Queen professionnelle !

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Par contre les sourires c’est pas son truc.

J’ai décidé de partir vers 3h du matin. J’ai marché un peu dans le froid, et n’ai essuyé qu’un seul regard de dédain. J’ai viré le maximum dès que je suis entré dans la voiture, gêné par tout l’attirail : perruque, collier, boucles d’oreilles (ah oui, j’ai pu mettre des vraies boucles d’oreilles, pas avec clip, merci les oreilles percées, merci Nina encore une fois !), bagues, gants, serre-taille, le rembourrage en silicone, les deux couches de soutif en silicone, et le Magic Bra. Ca m’a fait du bien !

Sans la votiure j'aurais dû m'embêter avec les trains. Petit hommage à ma Yaris chérie. C'est d'ailleurs une Yaris TS, haha.

Sans la voiture j’aurais dû m’embêter avec les trains. Petit hommage à ma Yaris chérie. C’est d’ailleurs une Yaris TS, haha.

Trois quarts d’heure de retour en voiture, les rues de la banlieue encore bondées par les fêtards costumés. Oui, bondées. On se serait crus à 17h, mais il était plus de 3h du matin.

Retour à la maison, une bonne demi-heure de démaquillage, puis de beaux rêves. Et au réveil, tout mon bordel à ranger ! Mais ça valait totalement le coup.

Aïe. Ouille.

Bon, suite à l’article de Nina sur le trouage de lobes (ici : http://nina.xxy.fr/des-ptits-trous-toujours-des-ptits-trous/), je me suis dit que j’allais peut-être me laisser tenter.

Et puis merde, c’est fait. Je suis allé chez un tatoueur/perceur, une boutique hyper propre du centre-ville. J’étais avec une amie qui est une habituée du magasin et qui me l’a conseillé. Très bon accueil, explications hyper claires, j’étais bluffé. Le perçage est très rapide et effectué avec du matériel à usage unique. Et ça fait à peine mal !
J’ai donc deux petits trucs en titane dans les lobes que je devrai garder pendant 1 mois et demi, en les désinfectant matin et soir au début, puis une fois par jour ensuite. Et dans un mois et demi donc, je serai libre de mettre ce que je veux (et ça m’intéresse autant en mec que pour Amandyne, j’ai repéré ça que je porterais volontiers au quotidien).

Coût de l’opération :
– Perçage + boucles : 30€
– Bouteille de désinfectant : 5€
– Verres en terrasse pour remercier mon amie : 6€
– Une amende pour non-paiement du stationnement : 17€.
Total : 58€. Bon, tout n’est pas directement lié au perçage.

Ma femme (à qui je n’avais pas dit que j’y allais) a mis trois bonnes minutes à s’en rendre compte. C’est très discret et ça me va bien, donc c’est cool.
On verra cette nuit déjà si j’arrive à dormir avec.

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Photos février 2014 (1)

Pfiou, peu d’activité pour Amandyne ! Ma vie est assez agitée pour l’instant, je n’ai vraiment pas eu le coeur à me travestir. Et encore moins à traiter les vieilles photos. Donc maintenant que ça va un peu mieux, voici des photos de février ! La dernière est assez unique. Je ne sais pas si ça deviendra une tendance, mais on ne sait jamais. Disons que ça ne me gênera plus trop maintenant de sortir ce genre de trucs…

Domptez votre col

Allez, promis, c’est la dernière fois que je parle de décolletés. Pour le premier trimestre au moins. En plus la vidéo du jour s’intéresse plutôt au col, ou comment le contraindre à ne pas flasher votre soutif. C’est tellement simple que la moitié de l’humanité y a déjà pensé, mais la vidéo est justement là pour l’autre moitié.

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Lien Youtube : http://youtu.be/NS5CF5F9e1o

Photos décembre 2013 (3)

Amandyne Bieber, vous connaissez ? Non ? Ben vous manquez rien. J’ai remarqué depuis très longtemps déjà qu’en mettant une perruque à de travers (voire totalement à l’envers) on obtenait des résultats assez surprenants, et parfois des effets franchement réussis. Cette fois, c’est pas trop passé. Heureusement vous n’avez qu’une seule photo de ça. Sinon pour le reste pas grand chose à dire, sauf que le style casual jean/pull me va décidément bien. Pourquoi s’embêter avec des belles robes (correction : des robes à cinq ou six euros) quand il suffit de se fringuer avec un pantalon et un haut quelconque ? Peut-être que je devrais m’orienter vers ça et m’acheter, je sais pas… un jean à plus de cinq euros. Un truc de riche quoi.