La troisième naissance d’Amandyne

Ou plutôt, la mort d’Amandyne et la naissance de Mandy.

Je vous refais l’historique des noms :

  • Quand j’ai commencé en 2006 (première naissance), je n’avais pas de présence online donc pas besoin d’un nom féminin. En découvrant Myspace il m’en a fallu un et j’ai fini par choisir Fa – qui est certes totalement nul, mais je venais de finir de regarder Zeta Gundam et je trouvais que ce serait parfait comme nom temporaire.
  • En 2008, après avoir acheté trois super perruques chez Newmee (deuxième naissance) et atteint une apparence vaguement féminine, je me suis calé sur Amandine (prénom d’une amie d’enfance que je ne fréquentais plus), stylisé Amandyne parce que j’aime bien les Y. Puis je me suis rendu compte qu’avoir un nom de famille collé derrière ferait vachement plus sérieux, et puisque je venais de finir un thé Earl Grey j’ai choisi Grey. Amandyne Grey, c’est cool. Bon, ensuite 50 Shades of Grey est devenu populaire, j’ai maintenant un peu peur qu’on suppose que je suis fan.
  • En déménageant à Londres en 2014, j’ai commencé à sortir un peu. Une ou deux fois par an. Ouais, c’est peu. Mais je me suis rendu compte que les anglais avaient beaucoup de mal avec le nom Amandyne. Je ne peux pas leur en vouloir. Du coup, j’ai commencé à dire que je m’appelais « Amandyne. A – man – deen. But call me Mandy for short. »

Puis je suis rentré en France en avril 2017. Puis je suis retourné en Angleterre en septembre. Et j’ai enfin accepté de me raser le corps au lieu de ne me reposer que sur l’épilation à la cire, laquelle ne me permet d’être libre de poils que pendant une semaine puis me force à attendre deux mois avant de retourner payer 130€. Quel idiot. C’est probablement cet espace de plusieurs mois entre chaque transformation qui m’a autant mis en retard au niveau du maquillage. J’ai enfilé ma première perruque il y a 12 ans, et je ne suis content de mon maquillage que depuis un an ou deux. C’est triste.

Du coup, j’ai commencé à m’habituer à me raser le corps. Le rasage n’est clean que pendant une douzaine d’heures, après ça le torse est de nouveau envahi. Je remercie encore une fois les deux ans de traitement à la lumière pulsée qui ont accéléré la pousse de mes poils à l’endroit où j’essayais de les faire disparaître. Sérieusement, s’il n’y avait pas eu cet échec, je serais une personne totalement différente aujourd’hui. Je ne sais pas si vous pouvez imaginer la déception de passer deux années à effectuer des traitements mensuels pour être libéré de sa pire pilosité, avec la douleur qu’implique la lumière pulsée, pour finir par avoir des poils qui repoussent plus vite qu’avant. Bref. Je rase mais ça ne dure pas. Mais ça me permet de pouvoir sortir toutes les semaines.

Car elle est là, la nouvelle naissance d’Amandyne. Finies les séances photos à la maison, qui étaient la seule raison d’être d’Amandyne pendant 10 ans. Désormais, si ce n’est pas pour sortir en boîte avec d’autres tgirls, je ne vois pas l’intérêt de me préparer. Toutes ces années à expérimenter des tenues, des looks, des perruques, c’était en préparation de cette fin 2017. Et à chaque sortie son nouveau look. Pas question d’utiliser deux fois la même robe, je me dois d’innover. Ce qui me coûte assez cher en nouvelles tenues et perruques, mais au moins je suis content de moi.

 

Toutes ces photos ont été prises en moins de deux mois. Et ce n’est pas terminé. Je sors aussi cette semaine (vendredi ET samedi !), peut-être la semaine d’après, et j’ai déjà des sorties prévues début janvier. Je ne compte pas m’arrêter, parce que je me rends compte à quel point j’ai été con de ne pas sortir avant. Il y a quelque chose de réellement génial à marcher dans la rue en talons. Et puis l’attention est évidemment bienvenue, même si cela m’a valu quelques attouchements que je n’avais pas réclamé.

Je suis plus canon que jamais, j’ai une putain de confiance en moi. Je m’habille sexy, sans être vulgaire (c’est différent en Angleterre). Je suis sorti en plein jour. Je n’ai plus besoin de mettre un serre-taille et du rembourrage aux hanches, je n’y accorde plus trop d’importance. Mes prothèses mammaires en silicone (700g chacune) ne me servent plus.

Je me sens bien dans ma confusion des genres et c’est pas près de s’arrêter.

Et un début 2017 plutôt cool.

Mon aventure anglaise s’étant terminée début avril (Pourquoi ? Plein de raisons. Et j’ai eu raison ? Non.), il y a une véritable cassure dans ma vie et il est maintenant facile de faire une sorte de bilan. J’en ferai un bientôt. Il y aura bien un avant Londres et un après Londres. Mais aussi, un avant Charlotte et un après Charlotte. Elle, c’était ma petite amie là-bas. Je l’ai déjà mentionnée dans un article. Eh bien, je n’en serais clairement pas là sans elle.

Nombre de personnes croisées dans le milieu des complexé.e.s du genre ont un souci dans leur couple : soit leur compagne ne tolère pas, soit elle ne sait pas. Je n’étais pas trop à plaindre lorsque j’étais avec mon ex-femme, puisque même si elle ne m’encourageait pas elle me tolérait volontiers. Et puis je suis tombé sur une fille très fan de l’univers Drag Queen, qui connait par coeur les noms des participants des innombrables saisons de Ru Paul’s Drag Race. Ben je peux vous assurer que ça change tout.

Le soutien. L’encouragement. Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point ça m’avait toujours manqué. Je me souviens encore du soir où j’ai annoncé à Charlotte que je me fringuais régulièrement en fille. Même si c’est quelque chose dont je n’ai pas honte, on ne peut jamais prévoir les réactions des gens donc ce n’est pas évident à avouer. Et effectivement, je n’avais pas prévu qu’elle jubilerait. Un copain qui met des robes et des talons, et à qui emprunter du maquillage ? Elle n’avait jamais osé en rêver.

Elle m’a donc poussé, à partir de l’été 2016 ça a vraiment porté ses fruits début 2017. Poussé à m’améliorer, à m’accepter (ce qui a d’ailleurs très bien fonctionné, le prochain article sera là-dessus). Et même si elle ne m’a jamais lancé de défis idiots, je sentais que je serais un meilleur petit-ami si j’allais encore plus loin et que je l’impressionnais avec mon courage. C’est ainsi qu’en février, lorsqu’elle a lancé en l’air l’idée que je sorte en nana avec mes vrais cheveux, dans un coin discret un soir, j’ai proposé qu’on aille carrément au cinéma. Et c’est ce qu’on a fait.

Bon par contre, c’était pas mon meilleur look : maquillage discret, fringues pas provocantes, pas de talons, je me sentais assez quelconque. Mais c’est avec la plus grande des satisfactions que j’ai constaté que personne ne m’a regardé de travers. J’ai même eu droite à un regard incrédule de l’employé du cinéma lorsque je lui ai tendu ma carte illimitée et qu’il a vu la photo, comprenant qu’il n’avait pas une fille en face de lui. Priceless.

Sous l’impulsion de Charlotte, je me suis mis à améliorer ma technique, regarder plus de tutos, renouveler mon maquillage, et me sentir mieux dans mon corps. Et dans mes cheveux.

J’ai été brièvement chez le coiffeur deux fois en 2015, et plus du tout depuis. Mes cheveux sont une espèce de masse sans forme définie qui s’étire en longueur et sut les côtés, et on ne peut pas dire qu’ils fassent ni masculin ni féminin. Du coup, en mec c’est moche et en nana c’est pas féminin. Mais bon, c’est quand même pas trop trop mal sous certains angles :

Et aussi, je me suis mis à acheter pas mal de fringues sur Boohoo.com. Une robe à £8, plus une autre à £10, plus un haut à £7 et une jupe à £8… la facture ne grimpe pas vite donc on se gave. Et sans être de la qualité, c’est quand même assez joli. Jugez vous-mêmes.

 

 

Et puis ensuite, il y a eu le retour au Pink Punters. Mais si vous savez, la boîte LGBT qui a beau être la plus réputée d’Angleterre il y a quand même 80% d’hétéros dedans. C’était un peu mon adieu à l’Angleterre. J’allais partir dans les semaines qui suivraient et je voulais faire honneur à mes cheveux. Alors j’ai quand même des extensions, mais à la base c’est bien mes cheveux tirés en arrière.

Voilà voilà. C’était tout pour les trois premiers mois de 2017. Je suis rentré en France début avril et je me suis posé à Nantes, et je n’ai rien d’intéressant à raconter jusqu’à la Pride de juin. Mais ça, ce sera pour un autre moment les enfants.

Une chouette fin 2016

Je suis incorrigible. Je suis incapable de donner des nouvelles en direct. Et pourtant, y’a eu du bon : je suis allé au McDo fringué en nana… mais sans perruque. Ce qui n’est sérieusement pas rien. Bon, il était 2h du matin et c’était pas loin de la plus grosse boîte LGBT d’Angleterre, mais quand même.

C’est ainsi que le 17 décembre dernier je suis retourné au Pink Punters, un an après ma dernière visite, et pour citer Léa Salamé, ben j’ai fait péter le décolleté. Avec cette robe c’était super difficile de planquer tout l’attirail nécessaire au rapprochement des boobs, et le rembourrage était aussi impensable. Je m’en suis pas trop mal tiré au final (un soutien gorge en silicone plat à forme bizarre, de la mousse, de l’adhésif double face), mais c’est loin d’être le déferlement de poitrine auquel on est en doit de s’attendre avec cette robe.

Par contre, mes hanches en mousse toutes neuves (fraichement découpées avec un couteau électrique, jouissif cet outil) étaient du meilleur effet. Et puis à 2h du matin, Madame qui m’accompagnait avait envie d’un McDo, soit. J’y suis allé mais j’en avais marre de la perruque. Je l’ai donc enlevée et j’y suis allé comme ça. J’ai eu une sale remarque en rentrant qui m’a fait sourire (de la part d’un client, pas du staff), et pour le reste c’est passé tout seul. C’était un gros pas, et c’était réussi. Même pas eu peur. Et pourtant, mes cheveux ne ressemblaient sérieusement à rien. Je pense juste que au bout d’un moment, le plaisir de provoquer la surprise prend le dessus sur le trac.

 

Quelques jours plus tard j’ai fait une petite session essayages à la maison. Je suis très fan de la robe de soirée bleue et de la Skater Dress noire, le reste moins. Faites pas attention à la fin…

 

D’habitude les photos de lingerie c’est ce par quoi commencent les travestis qui se découvrent. Moi je m’y mets après 10 ans.  Je fais rien comme tout le monde.

Photos février 2014 (1)

Pfiou, peu d’activité pour Amandyne ! Ma vie est assez agitée pour l’instant, je n’ai vraiment pas eu le coeur à me travestir. Et encore moins à traiter les vieilles photos. Donc maintenant que ça va un peu mieux, voici des photos de février ! La dernière est assez unique. Je ne sais pas si ça deviendra une tendance, mais on ne sait jamais. Disons que ça ne me gênera plus trop maintenant de sortir ce genre de trucs…

Domptez votre col

Allez, promis, c’est la dernière fois que je parle de décolletés. Pour le premier trimestre au moins. En plus la vidéo du jour s’intéresse plutôt au col, ou comment le contraindre à ne pas flasher votre soutif. C’est tellement simple que la moitié de l’humanité y a déjà pensé, mais la vidéo est justement là pour l’autre moitié.

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Lien Youtube : http://youtu.be/NS5CF5F9e1o

Photos décembre 2013 (3)

Amandyne Bieber, vous connaissez ? Non ? Ben vous manquez rien. J’ai remarqué depuis très longtemps déjà qu’en mettant une perruque à de travers (voire totalement à l’envers) on obtenait des résultats assez surprenants, et parfois des effets franchement réussis. Cette fois, c’est pas trop passé. Heureusement vous n’avez qu’une seule photo de ça. Sinon pour le reste pas grand chose à dire, sauf que le style casual jean/pull me va décidément bien. Pourquoi s’embêter avec des belles robes (correction : des robes à cinq ou six euros) quand il suffit de se fringuer avec un pantalon et un haut quelconque ? Peut-être que je devrais m’orienter vers ça et m’acheter, je sais pas… un jean à plus de cinq euros. Un truc de riche quoi.