Mes idoles #3 : Bassem Feghali

Aujourd’hui, je vais sûrement vous faire découvrir quelqu’un. Autant il était fort possible que les noms de Aubrey et Natalya vous soient familiers, autant là ça m’étonnerait beaucoup que vous connaissiez Bassem Feghali. A moins que vous ne traîniez beaucoup sur Youtube. Originaire du Liban, il est là-bas une véritable légende depuis les années 1990. C’est en quelques sortes le transformiste officiel du pays, dont le gagne-pain peut se résumer à imiter les chanteuses locales aussi bien d’apparence que de voix. Car non content de leur ressembler physiquement, ses talents vocaux lui permettent de remplacer les stars sur scène en chantant lui-même !

Bassem Feghali est plutôt considéré comme un comique. La meilleure comparaison française serait Michael Gregorio : tous deux utilisent leur don d’imitation vocale pour parodier les artistes et leurs chansons. Sauf que Bassem Feghali, s’il a quelques personnages masculins, n’est connu que pour ses imitations de femmes. Il est ainsi très souvent invité sur les plateaux de télévision pour parodier les chanteuses devant elles ! On a même pu le voir à plusieurs reprises interpréter des chansons en duo avec les artistes originales, un peu à la manière de ce que Laurent Gerra a fait avec Johnny Hallyday, à la différence près que Bassem Feghali se transforme en ces chanteuses, de façon à voir un duo de la star et son double !

Qui est la vraie ?

En fait, Bassem Feghali incarne la raison même pour laquelle je me travestis : pouvoir ressembler (voire remplacer ?) des femmes et qu’on nous confonde avec. Et pas juste une seule, mais tout une multitude, changeant de maquillage, de perruque et de robe en fonction de la personne à imiter. Il n’y a aucun démarche transgenre dans tout ça, mais ce n’est qu’encore plus impressionnant que d’arriver à imiter toutes ces chanteuses et personnalités (Miss Liban ou des présentatrices télé) en étant un homme !

L’intérêt des interprétations de Bassem étant bien sûr d’avoir le son et l’image, voici quelques vidéos de ce que je considère comme des exploits :

http://www.youtube.com/watch?v=aKCOcIFJcc0
http://www.youtube.com/watch?v=zGhYVD7PAI4
http://www.youtube.com/watch?v=7YPbmZ9UKG0
http://www.youtube.com/watch?v=wGOF9yWlJ_Q (à partir de 3 minutes 14)
http://www.youtube.com/watch?v=DKR6AGOLJ58
http://www.dailymotion.com/video/x8ipnt_bassem-feghali-haifa-wahbi-wawa_fun#.USK08aU03rk

J’ai mis quelques photos ci-dessous, mais pour se rendre vraiment compte du talent de transformiste de Bassem Feghali, cet album Facebook est idéal : http://www.facebook.com/media/set/?set=a.210456025661515.62311.209579882415796&type=3 (et ce n’est là qu’un fragment de ses personnages !)
De toutes façons, les vidéos sont beaucoup plus intéressantes que des photos. Je vous invite donc à visiter ce lien : http://www.youtube.com/results?search_query=bassem+feghali

Mes idoles #2 : Natalya Sereshka

Si je consacre ces articles uniquement aux travestis désormais disparus du net, on va finir par croire que j’essaie d’animer une rubrique nécrologique. Je vous présente aujourd’hui Natalya Sereshka, crossdresser des Etats-Unis qui vaut son pesant de cacahuètes. Travesti depuis 1999 mais apparu sur le web-travelo vers 2002 (à l’adresse http://www.dazzled.com/natalyas), il séduit immédiatement grâce à des photos angéliques – et les bas font aussi leur petit effet.

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Car contrairement à Aubrey Frost qui avait comme spécificité de ne jamais faire de photos peu habillées (une seule photo en soutien-gorge en tout et pour tout), Natalya joue un peu plus sur l’effet de la chair. Ses plus anciennes photos sont ainsi avec une perruque blonde et un soutif noir, rien de bien glorieux ! Par la suite, il sait très rapidement mettre en valeur ses jambes pour le plus grand bonheur de tous. Mais la valeur sûre de Natalya est sans conteste son visage. Assez fouillis au début (comme tous les travestis), son maquillage atteint très rapidement son meilleur niveau (en moins de deux ans) pour ne plus que très peu progresser par la suite. Il faut dire que la marge de manoeuvre est assez limitée quand la transformation est déjà quasi-parfaite.

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Natalya est à l’époque à, l’université, et ça se retranscrit parfaitement dans ses photos. On dirait vraiment une étudiante américaine, avec ses robes de soirée, tenue de cheerleader et pas mal de photos en culotte style girl next door prises à la webcam. Jamais rien d’érotique ou vulgaire : ça reste sexy, et les seules photos un peu osées sont assez jolies pour ne pas choquer. Bref, on ne se plaint pas.


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Les années passent et les photos se ressemblent un peu. Les sites web s’enchainent sans vraiment durer, même si un nouveau pointe toujours rapidement le bout de son nez. Mais le minois de Natalya lui pardonne tout. J’ai perdu sa trace vers 2007, pour la retrouver très récemment sur Facebook. Le poids des années a malheureusement affecté son visage, moins parfait qu’avant, même si ses compétences en maquillage rattrapent un peu. Par conséquent, étant toujours actif sur le net et mettant régulièrement des photos (moins excellentes qu’avant) sur Facebook, Natalya n’a pas atteint le statut de légende d’Aubrey Frost.

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Natalya n’est donc que numéro 2 dans mon coeur. Mais depuis plus de 10 ans que je traine sur l’Interweb des travelos, j’ai visionné des milliers de profils de travestis et suivi un bon paquet d’évolutions. Natalya est numéro 2 sur tous ceux-là, ce qui en fait une position carrément honorable. Je l’ai ajouté en ami sur Facebook mais n’ai pas encore osé entamer une conversation. C’est difficile de savoir quoi dire à une idole sans passer pour un fan lambda !

J’ai encore une fois essayé de les trier par date, les plus récentes d’abord.

 

Mes idoles #1 : Aubrey Frost

Ce n’est pas très original de faire un article sur Aubrey. Il s’agit sans conteste du travesti le plus admiré par la planète web-travelo, il y a donc pas mal d’articles qui traînent déjà. Actif depuis début 2000 (à 19 ans) grâce à son mythique http://www.aubeysplace.com, on peut lui attribuer énormément de mérites : il a été le premier (oui, le tout premier) travesti anglophone a réaliser une sorte de blog avec un peu d’images et beaucoup de lecture, mais il était surtout 100% fille sur ses photos. Son site a énormément bien marché, comptant rapidement les millions de vues, ses photos y étaient nombreuses et son style évoluait régulièrement. Après avoir changé de site en cours de route et donné des nouvelles un peu moins régulièrement à partir de 2007-2008, il disparaît totalement du web en 2011. Tout ce que l’on sait maintenant, c’est qu’il a entamé une transition et se fait appeler simplement « Jo ». Si Aubrey Lynn Frost est un monument du passé, on peut dire que c’est une des Merveilles du Monde (enfin, le monde web-travelo). Mieux, c’est la première Merveille.

 

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A l’époque, c’était déjà un exploit d’avoir un site Internet perso qui ressemblait à quelque chose. Là, Aubrey’s Place était beau, facile d’accès, et généreux. Sans ce site je n’aurais jamais eu cette manie de prendre un paquet de photos à chaque fois que j’enfilais des fringues de fille pour les partager avec la terre entière. Autre miracle, les photos y étaient de bonne qualité, et dans des dimensions adaptées à l’écran ! Comprendre qu’elles étaient assez grandes, puisqu’à l’époque la place sur les serveurs était assez réduite et il fallait faire gaffe à la taille des fichiers. Maintenant c’est plutôt l’inverse, les photos énormes doivent être réduites pour s’afficher sur l’écran. C’était vraiment un autre temps.

Pour bien comprendre l’intérêt d’Aubrey et pourquoi tous les admirateurs de travestis d’il y a 10 ans s’accordaient à dire que c’était la Reine, il faut comprendre qu’elle était unique en son temps. En effet, si on prend la masse de travestis des années début 2000 et que l’on ne garde que ceux qui :
– Affichent leur tête.
– Ont un site web personnel.
– Y mettent des photos par dizaines.
– Font attention à ce que leurs photos soient bien prises
– Font attention à ce que leurs photos s’affichent dans de bonnes dimensions
eh bien, on doit les compter sur les doigts de la main. Maintenant, réduisons ce nombre aux travestis qui ressemblent à s’y méprendre à des nanas… et il n’y a plus qu’Aubrey.

Aubrey m’a démontré que la transformation parfaite était possible. Contrairement à Lisa Carlton qui faisait vraiment trav (mais joli trav), Aubrey faisait nana. C’est ce qui m’a motivé plus tard à toujours me dépasser : je savais grâce à Aubrey qu’il était techniquement faisable qu’un mec enfile une perruque, du maquillage, et ressemble totalement à une femme vraiment craquante. Pas forcément sexy, mais plus du genre que je demanderais en mariage au premier rendez-vous.

Je n’ai pas réussi à exploiter la Wayback Machine pour les photos récentes d’Aubrey. Elles sont du coup pratiquement introuvables ! Fort heureusement, un sale fake se faisant passer pour Aubrey les a mises sur un blog ! C’est pas beau ça ?
Difficile de faire une sélection sans prendre l’intégralité de ses photos. Ce qui me dégoute quand je les vois, c’est que je sais que je ne serai jamais aussi canon. Bon, ce n’est pas forcément qu’une question de maquillage et Aubrey a sûrement profité de facilités dans la transformation (je suis sûr que même en mec il ressemble encore à une nana)…
Les photos sont en ordre chronologique inversé : les premières sont les plus récentes. Ca va environ de 2010 à 2000, sachant que dernière moitié (les plus vieilles donc) s’étalent sur deux ou trois ans – c’est dire l’évolution excessivement rapide !

Mes idoles #0 : Lisa Carlton

Nouvelle rubrique qui sera, en fonction de ma motivation, plus ou moins hebdomadaire. Vous aurez remarqué que c’est le numéro #0 : pourquoi ne pas commencer logiquement par le #1 ? Eh bien, parce que la première personne dont je vais vous parler n’est pas une idole à proprement parler, mais je me voyais mal parler des travestis qui m’ont marqué sans rendre à cette Lisa Carlton un hommage tout particulier.

J’avais 16 ans (j’adore commencer mes phrases par un indicateur temporel, comme si j’avais une vie riche derrière moi) et bien qu’ayant accès à Internet à la maison depuis déjà quelques années, je n’avais jamais pensé à faire une recherche de « travesti » sur Google. Enfin, sur Yahoo, puisque j’utilisais Yahoo à l’époque. Voire Lycos ou Voila. Bref, j’avais toujours eu cette envie en moi de porter une jupe et du maquillage (Mel Gibson l’a d’ailleurs fait par deux fois : dans Ce que veulent les femmes et Braveheart) mais je n’étais jamais passé à l’acte puisque ma situation familiale ne me le permettait pas. Mais loin de tous ces hommes de la télé qui se travestissaient régulièrement et qui semblaient être révérés pour ça (Sim en premier, dans une certaine mesure), qu’en était-il de la vraie vie ? Pour le savoir, j’ai donc tapé « travesti » dans Yahoo. Ou Lycos. Ou Voila. Je sais plus. Il y avait assez peu de ressources en français à l’époque (bien que l’anglais ne me fit pas peur) : le TVQ québecois, l’ABC français (qui est arrivé un peu plus tard je crois), mais surtout… Lisa Carlton, dont l’url était http://lisa.trav.free.fr . Même plus de 10 ans après je m’en souviens encore.

Le site a bien évidemment disparu, après avoir glorieusement vécu entre 2000 et 2005 (la page d’accueil de 2005 parle de quelques deux millions et demi de visites). La Wayback Machine permet de retrouver le site amputé de quelques images, je vous invite à y faire un tour. Considérez qu’il s’agit d’une étape importante de l’Histoire des travestis en France, puisque bon nombre sont passés par là et ont découvert, comme moi, qu’ils n’étaient pas seuls.

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http://web.archive.org/web/20010305083737/http://lisa.trav.free.fr/index.htm

 

Ce site a été déterminant dans la construction d’Amandyne, puisque c’est à partir de là que j’ai réalisé l’importance d’Internet dans le travestissement. Plusieurs autres travestis étaient référencés ici, certains avec un lien vers leur site, d’autres sur une page « Montrez-vous » où Lisa hébergeait quelques photos. Il s’avère que je n’ai commencé à me travestir qu’en 2006 (soit cinq ou six ans plus tard), je n’ai donc absolument pas bénéficié des conseils qui y étaient prodigués. Je ne regrette pas du tout la façon dont j’ai géré la part de travestissement dans ma vie, disons donc que ces quelques années de surf, débutées sur le site de Lisa Carlton, m’ont surtout servi à comprendre l’importance des photos pour exister en tant que travesti dit « de salon ».

Concernant Lisa en elle-même : elle a donc été la toute première figure de travestissement hors-télévision que j’ai pu découvrir. Le premier vrai travesti de ma vie, en gros. Sa description sur le site faisait état d’un travesti de 30 ans, semble-t-il totalement hétéro, qui n’envisageait pas de passer trans. Est-ce que cela a eu une influence sur moi ? Peut-être. Si je considère que c’est la façon la plus simple de vivre son travestissement, c’est parce que c’est la mienne… et si ça se trouve je la tiens de Lisa, qui sait ? Impossible de dire comment je serais aujourd’hui si mon premier modèle avait été RuPaul. Ou Michou.

Je ne sais absolument pas ce qu’est devenu Lisa. Elle doit avoir une quarantaine d’années maintenant, et ne fait probablement plus partie du web en tant que travesti. Ou peut-être sous un autre nom. Si vous savez comment la joindre – même par téléphone – je serais ravi de lui envoyer un petit message pour lui exprimer ma gratitude. Même si le présent article est déjà un beau remerciement en soi !

En bonus, quelques photos de Lisa Carlton, lesquelles n’existent probablement plus que sur les serveurs de la Wayback Machine.